Un peu de compassion


Nous sommes tous capables de faire preuve de compassion envers autrui. 

Pas pour tout le monde, et pas tout le temps, je vous l’accorde. Nous n’en sommes pas tous au point de Mère Teresa qui voit en « chaque être humain un enfant béni de Dieu qu’il faut chérir ». 

Mais en général, nous sommes capables d'éprouver ce sentiment pour d'autres personnes, de comprendre que leur comportement, si désagréable soit-il pour nous, est la résultante de leur histoire, qu’ils font du mieux qu’ils peuvent en ce moment précis. Et dans notre grandeur d’âme, nous pouvons leur envoyer de la compassion, et ne pas leur en vouloir. 

Ce n'est pas toujours facile, certes, mais possible.  

Dans un livre que je vous recommande vivement, « A complaint free world » ( traduit en français sous le titre « 21 jours sans se plaindre », Will Bowen a écrit : « celui qui blesse a été blessé ». Je trouve que c’est un point de vue intéressant, qui donne à réfléchir.

Mais mon propos n’est pas là aujourd’hui. 

Comme l'a écrit joliment dit Louise Hay (un autre auteur que j’affectionne particulièrement) souvenons-nous que nous sommes aussi une personne. 

Ce qui veut dire que nous devrions pouvoir nous accorder la même compassion que nous donnons aux autres.

Ce qui est plus facile à dire (ou écrire !) qu'à faire ! 

Nous n'avons pas vraiment été éduqués dans ce sens, ce serait même tout le contraire. C’est un concept qui ne nous a pas été enseigné, et nous n'avons pas le mode d'emploi.  

Essayons de décoder cela ensemble. 

La compassion envers soi implique dans un premier temps que nous reconnaissions à quel point nous avons mal. 

Garder la tête haute en toutes circonstances, sauver les apparences est une tradition occidentale, voire même un impératif. Certains iraient jusqu’à dire que c’est du savoir-vivre que de ne pas ennuyer les autres avec nos états d’âme… 

Ce qui fait que lorsque nous nous retrouvons dans une situation pénible ou stressante, nous prenons rarement le temps de nous interroger sur ce que nous ressentons. Nous serrons les dents et continuons d'aller de l'avant, sans reconnaitre que ça fait mal et que nous aurions besoin de temps pour panser nos blessures. 

Parfois, notre mal-être vient d'un jugement négatif que nous portons sur nous-mêmes parce que nous avons dit ou fait quelque chose de stupide, ou que nous n'avons pas vu qu'une personne se comportait mal avec nous, ou encore qu'une situation allait tourner à l'aigre. Nous n'avons pas voulu le voir, alors qu'il y avait tous les signes, et nous nous jugeons durement pour ça. 

Quoi que ce soit, nous nous en voulons terriblement d'avoir été aussi stupides ou aveugles, et nous pensons que nous devons « payer » Et nous sommes extrêmement durs avec nous-même, comme si nous n'avions pas déjà « pris » assez cher. 

Tout le monde se trompe et fait des erreurs de temps en temps, c’est inévitable. C'est même comme cela que nous apprenons. 

J'aime beaucoup le proverbe arabe qui dit : 

Et un des préceptes de base de la PNL, un de mes outils de prédilection, stipule : « il n'y a pas d'erreur, il n'y a pas d'échec, il n'y a que des occasions d'apprentissage ».

Et Thomas Edison l’a aussi très bien dit :

Mais même ceux d'entre nous qui connaissent ces principes et les approuvent quand tout va bien, ont tendance à les oublier et à se juger très sévèrement quand ils se trompent, ou ne réussissent pas comme ils l'auraient voulu. Moi la première d’ailleurs. 

Nous vivons dans une société qui porte aux nues l’indépendance et le succès individuel. Pourquoi pas, cela peut apporter de grandes satisfactions.  

Mais la médaille à un revers. Celui ou celle qui ne parvient pas à atteindre ses objectifs se considère comme responsable de son échec. Et s’il est fautif, il ne mérite aucune compassion, il doit payer, merci aux dogmes judéo-chrétiens qui ont « bercé » notre enfance. 

Et bien si erreur il y a, elle est là. Ne pas atteindre son objectif (alors qu’on a tout fait pour) est déjà une déception, ce n'est pas la peine de rajouter une punition.

Chaque être humain est digne de compassion, celle des autres et la sienne. C'est un de nos droits de naissance. 

Mais même s'ils reconnaissent la noblesse de la compassion pour autrui, beaucoup d'entre nous se méfient de ce concept d’auto compassion.  

Ne serait-ce pas une façon détournée de s'apitoyer sur son sort, de faire preuve de laxisme ? Ou encore un bon moyen de se trouver des excuses pour ne pas faire ce que nous aurions à faire ? 

Il n'est est rien. La compassion envers soi implique la recherche du mieux-être et le respect de notre santé. 

Loin de prôner la passivité, l'auto compassion nous pousse à agir pour améliorer la situation. 

Ce n'est pas non plus une forme d'égoïsme. Nous ne pensons pas que nos problèmes sont plus importants que ceux des autres, mais pas non plus moins importants. L'auto compassion nous permet de leur rendre leur juste place et de nous en occuper en temps voulu. 

Au lieu de nous reprocher sans fin nos erreurs et nos échecs, utilisons les pour prendre conscience que notre désir de perfection est totalement irréaliste et frustrant. C'est possible si nous nous donnons de la compassion.

Les travaux de Kristin NEFF et Christophe GERBER, des chercheurs américains, ont démontré que l’auto compassion était un moyen efficace d’atteindre le bien-être émotionnel.  

La compassion envers soi nous rend plus forts, elle nous permet de nous épanouir. Elle nous aide à apprécier la beauté et la richesse de la vie, y compris, et peut-être même surtout, dans les périodes difficiles.  

Par exemple, comme en ce moment...

C’est drôle (ou pas ?°) ce livre a été traduit en français sous le titre  « S’aimer : comment se réconcilier avec soi-même » Pour moi, ce n’est pas tout à fait la même chose, même si l’auto-compassion participe à l’Amour de Soi… 

L’auto compassion offre une alternative inédite au jugement de soi, et aussi à la comparaison, qui nous est toujours défavorable. Elle nous aide à trouver en nous-même l’affection et le soutien dont nous avons besoin. Elle nous rend plus fort, nous avons moins besoin de l'approbation des autres, qu'ils ne nous donnaient d'ailleurs pas beaucoup. 

Paradoxalement, et cela pourrait être amusant, alors que nous n'en avons plus autant besoin, les autres sont plus enclins à nous donner ce soutien. Cherchez l'erreur. 

C’est bête, mais il faut savoir que plus nous avons besoin de quelque chose, plus nous attendons que les autres nous le donnent, voire plus nous l’exigeons d’eux, moins ils ont envie de le donner. Ils se sentent obligés, et cela ne leur plait pas, car ils ont le sentiment que nous les privons de leur liberté de choix. 

Je précise que c’est valable pour chacun de nous, pas seulement pour les autres, c’est vrai pour vous qui me lisez et pour moi qui écrit. Et oui.

Si quelqu’un exige quelque chose de vous, vous n’avez pas envie de le lui donner. Appelons ça l’esprit de contradiction, ou poser les limites, comme on veut. 

Donc si nous arrêtions d’exiger, voire même simplement d’attendre que cela vienne des autres et que nous nous le donnions à nous même ? Qu’est-ce qui changerait dans nos vies ? 

Faire preuve de compassion pour soi est une vraie force, et non pas une faiblesse. Elle concourt à renforcer notre force mentale : 

Pour ma part, j'y travaille, car je me suis rendue compte que j'avais encore parfois tendance à me juger durement. Beaucoup moins qu'avant, certes, mais toujours un peu.  

Et cela, ce n'est plus acceptable pour moi. 

Et pour vous ?

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