Sortir de ma zone de confort : le voyage à Milan

La Scala de Milan

On parle beaucoup de zone de confort, c’est un terme à la mode. On ne sait pas trop ce que ça veut dire, mais on l’emploie souvent.
Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous ma définition et une expérience récente de « sortie » de ma propre zone.
La zone de confort est une zone virtuelle, où nous nous se déplaçons avec un sentiment de contrôle ou de maîtrise. Ce sont toutes les choses que nous pouvons faire relativement facilement, qui nous demandent peu, voire pas d’effort, ce sont toutes les situations que nous gérons avec aisance.
Nous nous déplaçons dans cette zone en fonction des événements et des choses que nous avons à faire. Dans cette zone, nos niveaux de stress et d’anxiété sont relativement bas. Nous pouvons y accomplir différentes tâches avec un niveau de performance constant.
Cette zone est délimitée par des frontières invisibles et inconscientes, et nous y évoluons facilement et en confort.
Cependant ce n’est pas dans cette zone que nous pouvons progresser, et avancer sur notre chemin. Pour cela il nous faut en sortir de notre zone, et nous mettre dans des situations que nous ne savons pas forcément gérer et qui vont provoquer plus de stress.
En fait il existe plusieurs zones : la zone de confort, la zone d’apprentissage dite aussi ou de découverte ou de progrès, et la zone de panique.

On peut dire aussi que la zone de confort est un état comportemental dans lequel une personne opère sans anxiété, il/elle maitrise les choses et sait gérer les situations qui se présentent. Dans cette zone est possible une performance régulière, la personne a une bonne maîtrise des choses et un bon niveau d’énergie. Mais il n’y a aucune progression ni évolution, on peut vite s’y ennuyer et accuser une baisse de vigilance.
En frontière de cette première zone, se trouve la zone d’apprentissage, de découverte ou de progrès. Sortir de sa zone de confort initiale peut générer un peu d’anxiété. Mais c’est ce qu’on appelle « bon » stress ou Eustress, c’est la stimulation, voire l’excitation de faire quelque chose de différent. Nous sommes en territoire peu connu mais avec des repères suffisants pour progresser, apprendre et gagner en confiance en soi. C’est juste inconfortable au début, mais nous y allons de bon cœur.
Cette zone offre de nombreux avantages : elle nous permet d’évoluer, d’élargir nos compétences et nos connaissances, elle nous ouvre l’esprit sur de nouveaux territoires, permet d’améliorer notre confiance en soi et estime de soi.Elle présente aussi quelques inconvénients : nous sommes dans la phase « d’incompétence consciente » décrite dans le principe de Peter : « nous savons que nous ne savons pas », mais nous voulons apprendre. Cela peut augmenter le risque d’erreurs, demande des dépenses d’énergie plus importantes et pet provoquer un stress important.
Mais il n’y a pas de réussite ni de progrès sans incursions régulières hors de notre zone de confort. A noter qu’il existe une Zone de Performance Optimale, située dans la zone d’apprentissage.
Cette zone d’apprentissage paraît parfois plus terrible qu’elle ne l’est en réalité. L’image que nous nous en faisons est-elle fondée ? Il convient d’examiner de près nos peurs et nos croyances pour ne pas saboter ce qui pourrait se révéler une bonne surprise une fois de « l’autre côté »
Et il existe une troisième zone, dite de panique : Elle est contre-productive. La personne perd sa faculté d’adaptation. La performance est réduite par l’excès d’anxiété. Le désir est urgent de sortir de là !
Donc passer de sa zone de confort directement à la zone de panique est le meilleur moyen de perdre tous ses moyens et d’aller vers l’échec.

Revenons-en à mon expérience de sortie de zone de confort.
La semaine dernière, j’ai eu l’occasion d’accompagner à Milan un groupe de 32 personnes, professions libérales et commerçants, dans la cadre d'une collaboration avec le Centre de Gestion de Lorraine. Le voyage (départ le jeudi et retour le lundi soir), mêlait séminaire de trois demi journées de développement personnel et visite de la ville.

Le Duomo, Cathédrale de Milan
Une opportunité de business, avec en prime un voyage dans un pays que je ne connais pas encore ? Mais c’est le rêve quoi !
Alors en quoi ce voyage de cinq jours à Milan a-t-il pu me faire sortir de ma zone de confort ?
Voyager c’est quelque chose que j’aime bien et que je fais aussi souvent que je peux. Certes, je n’étais pas encore jamais allée en Italie mais j’en avais très envie. Et puis c’est 1h15 d’avion depuis le Luxembourg, à peine le temps de s’asseoir dans l’avion et on atterrit déjà !
Bon, il fallait que je conduise de mon domicile à l’aéroport de Luxembourg, à peu près deux heures de route. Dans le cadre de mes activités, je me déplace souvent, je suis beaucoup sur la route et j’adore conduire. Je profite souvent de ces temps de trajets plus ou moins longs pour écouter des livres audio, des conférences ou des interviews sur les sujets qui me passionnent. J’en tire d’ailleurs souvent des idées pour mes formations et mes accompagnements, alors ce n’est pas cela qui me mettait mal à l’aise.
Animer une formation pour un groupe que je rencontre pour la première fois ? C’est ce que je fais depuis 15 ans. Non seulement j’adore ça, mais ça m’amuse. Rencontrer des personnes nouvelles, échanger des idées, leur ouvrir d’autres perspectives, c’est quelque chose de totalement magique !
Est-ce parce que tous les participants se connaissaient déjà avant ? Cela m’est arrivé fréquemment d’intervenir en entreprise auprès de gens qui travaillent ensemble, donc qui se connaissent bien. Et cela n’a jamais été un obstacle.
Était-ce la taille du groupe ? 32 personnes s’étaient inscrites pour ce voyage. Ce n’est pas la même dynamique de groupe à 6, à 12 ou à 20. Donc 32 personnes, comment on fait ?
Non, ce n’était pas non plus cela qui m’inquiétait. Une de mes croyances dynamisantes fondamentales me dit que l’univers ne m’envoie que ce que je peux gérer au moment où cela arrive. Donc je savais que je trouverai un moyen de gérer un groupe aussi important et que j’allais gagner en compétences.
Donc que du positif a priori, non ?
Alors pourquoi est-ce que j’avais malgré tout le sentiment de quelque chose de difficile, qui me faisait à la fois très envie et en même temps un peu peur ?
En quoi cette aventure me faisait elle sortir de ma zone de confort ?
Sachant que je ne suis pas du genre à "refuser l’obstacle", parce que je sais que c’est dans les situations perçues comme difficiles que je vais apprendre le plus.
Et après tout, personne ne m’a obligée à y aller, c’était mon choix. Mon partenaire m’a demandé de faire une proposition. J’ai répondu et j’ai été sélectionnée. J’étais vraiment très contente d’avoir été sollicitée et ensuite d’avoir été retenue.
Entre parenthèses, c’est intéressant de voir que même si on a choisi de faire quelque chose, qu’on a très très envie de le faire, et bien on peut quand même avoir la trouille !!!
L'auteur en profonde réflexion
En fait le programme des réjouissances me semblait à la fois formidable et effrayant.
Les journées étaient quasi minutées: trois matinées de formation, vendredi, samedi et dimanche, de 8h30 à 12h30, suivies d’un déjeuner, suivi de visites en ville, puis dîner. Donc un emploi du temps apparemment sans pauses et sans temps « mort ».
Plus l’impression que nous serions toujours les uns avec les autres…
J’aime les gens, sinon je ne ferais pas le métier que je fais, mais j’ai aussi besoin de temps juste pour moi, pour me ressourcer, pour être seule, pour réfléchir, me reposer...
Et à la lecture du planning, je ne voyais pas beaucoup de temps de repos, sauf la nuit et une après-midi libre.
De plus, je suis une lève tôt, et une couche tôt, je dîne légèrement le soir et de bonne heure. Les repas étaient prévus un peu trop tard à mon goût... L’idée de me coucher beaucoup plus tard, sur un estomac plus plein qu’à l’habitude me faisait craindre des nuits plus difficiles.
Bref, des tas de petits détails qui mettaient à mal ma zone de confort.
Allons bon, c'est tout ?
Ce n’est pas tellement la chose en elle-même qui pose problème, c’est d’avoir conscience que nous pressentons de la difficulté.
Nous pouvons ressentir un malaise diffus, tant que nous n’en connaissons pas la raison, cela nous mine et nous angoisse, sans que nous puissions mettre le doigt dessus.
Mais si nous pouvons identifier ce qui se cache derrière, nous retrouvons notre liberté de choix, et tout devient possible.
Aller vers la difficulté en toute conscience est une énergie bien différente que si nous avons l’impression de subir une situation.
Donc, j’ai choisi d’accueillir mes craintes et mes doutes, et de savoir que je trouverais un moyen de trouver un équilibre. J’ai arrêté de résister et j’ai ouvert mon esprit à des possibilités que je ne connaissais pas encore.
Et le résultat a été étonnant.
Les gens du groupe étaient adorables, intéressés, participatifs et motivés, et les demi-journées de formation ont été un pur bonheur.
Il y a eu plusieurs temps de repos entre le déjeuner et les visites de l’après-midi et avant le diner, donc j’ai pu me ressourcer dans ma chambre.
La visite de la ville était passionnante : le Duomo (cathédrale de Milan) la Scala, la Pinacothèque (qui présente des œuvres du Caravage et du Tintoret entre autres grands artistes italiens), le château de Forza, cette ville est magique !
J’ai eu des conversations fabuleuses lors des dîners, je me suis couchée plus tard que d’habitude avec des étoiles dans les yeux et dans le cœur, j’ai bien dormi et j’ai passé un séjour merveilleux !
Wow.
Bon, comme je ne sais pas très bien doser mes efforts (et pour être tout à fait honnête, je ne veux pas apprendre !) j’ai un peu trop forcé sur mes cordes vocales, car la salle était vaste, et je voulais que tout le monde m’entende bien.
Si fait que de retour en France j’étais aphone pendant près de 3 jours. Bon, la prochaine fois, il faudra prévoir un micro !
Alors, et vous, qu’est-ce qui pourrait vous faire sortir de votre zone de confort ? 
Etes-vous prêt(e)s à y aller ?
Vous verrez, c’est drôlement sympa de l’autre côté !

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